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Le point de bascule ou comment créer une épidémie sociale

Publié le 26 janvier 2011

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Discutons-en!
Que pensez-vous de cette façon d’approcher les interventions de santé publique?

Les chaussures de la marque Hush Puppies ne se vendaient pratiquement plus en 1994. Deux ans plus tard, elles sont un des accessoires vestimentaires les plus populaires. C’est ce que Malcolm Gladwell, auteur du livre traduit de l’anglais Le point de bascule, appelle une épidémie sociale. Comment faire une grande différence avec de très petites choses? C’est que nous explique l’auteur du livre à succès publié pour la première fois dans sa version originale en 2000.

Selon l’auteur, l’être humain est bien davantage façonné par son environnement, son contexte immédiat et les personnalités qui l’entourent, que par sa propre autonomie et sa rationalité comme on aimerait le croire. Une fois ce postulat établi, trois éléments contribuent à l’atteinte du point de bascule et à la création d’une épidémie sociale.

  • Les oiseaux rares, soit une poignée de gens qui se distinguent de la masse par leur sociabilité, leur énergie, leurs connaissances ou leur influence. Ces messagers déclenchent la contagion. Gladwell en caractérise trois types. Le connecteur, particularisé par son nombre impressionnant d’amis, dissémine l’idée ou le message. Le maven est la source d’information. Il connaît plus de choses que la majorité parce qu’il lit, s’informe, etc. Et finalement, le vendeur. Avec sa personnalité forte, contagieuse et irrésistible, il persuade ceux qui hésitent encore à croire au message.
  • Le contexte, auquel nous sommes très sensibles, réunit les conditions et les circonstances nécessaires à l’éclosion d’une épidémie.
  • L’adhérence, soit la qualité du message, qui est tout aussi importante que le messager. La formulation du message doit faire en sorte que celui-ci adhère à la mémoire, qu’il soit inoubliable au point de provoquer un changement et d’inciter à l’action.

Faire basculer une situation au moyen d’un produit, d’une idée ou d’une attitude, implique de transformer les destinataires, de les infecter, de les embarquer dans un courant, de les faire passer de l’hostilité à l’acceptation, explique l’auteur. Cela peut se faire grâce à l’influence d’oiseaux rares, en augmentant le niveau d’adhérence au message ou alors, en modifiant le contexte, ne serait-ce que légèrement.

Gladwell nous laisse sur quelques réflexions et conseils certainement profitables, notamment pour la santé publique. Il insiste d’abord sur l’importance d’établir ses priorités d’action et sa stratégie. Cela fait, il faut utiliser toute son énergie à la déployer en évitant de s’éparpiller. Également, il faut se rappeler que l’être humain n’est pas complètement rationnel, que la communication est imprévisible, qu’il faut chercher LA bonne idée, celle qui fera une différence. L’argent, le temps et les efforts n’assurent pas nécessairement le succès, loin de là. Il faut plutôt suivre son intuition et la tester. Que pensez-vous de cette façon d’approcher les interventions de santé publique?

Pour en savoir plus, nous vous suggérons de visionner cette entrevue avec Malcolm Gladwell.


Par Geneviève Beauregard

Source : Gladwell M. Le point de bascule. Montréal: 2003.

Commentaires

Par Marlène Gaudreault
Le 31 janvier 2011 à 11:33
J’ajouterais ceci :
Personnellement, je suis sceptique... J'ai lu ce livre il y a quelques années déjà, et si ma mémoire est bonne, et selon le résumé que vous en présentez, ce concept fait plutôt référence à un acte d'achat, l'adoption d'une tendance... le consommateur pose un geste pour suivre la mode (presque!). Osons s'avouer, malheureusement, qu'adopter de saines habitudes de vie, présentement, est un peu moins à la mode que des vacances dans le sud.
Il ne faut pas oublier non plus que la consommation alimentaire est un domaine où les gens s'informent très peu (si on compare à l'achat d'un auto par exemple!). Et l'argument monétaire n'est pas nécessairement de taille: le budget auto réparti sur un an, pour une personne, peut être très près ou même plus bas que celui alimentaire (60$ d'épicerie par semaine = 3120$).
La décision d'acheter un produit alimentaire ou un autre est 50% spontannée et 50% planifiée!
Pour ce qui est d'établir des priorités d'action et sa stratégie, ce n'est rien de nouveau qu'il nous apprend...!

Par nathalie hudon
Le 31 janvier 2011 à 09:37
J'aime :
Bonjour,

J'ai commencé la lecture de ce livre...Et déjà la façon de présenter le problème sur ces mystères que sont les épidémies sociales, m'a captivée. À suivre pour mes commentaires à la fin de la lecture.

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