Une consommation élevée de fruits et légumes, telle qu’encouragée par la santé publique, est-elle associée à une diminution de la consommation d’aliments de faible valeur nutritive? Des chercheurs américains ont voulu vérifier cette hypothèse. Ils ont publié le résultat de leurs travaux dans le numéro de janvier-février 2010 de la revue Public Health Reports.
Alors que les campagnes de santé publique anti-tabac, anti-drogue et anti-alcool au volant sont explicites et directes, celles de la lutte à l’obésité le sont moins, selon les auteurs. Elles invitent à consommer notamment plus de fruits et légumes, mais proscrivent rarement des aliments. Cette stratégie repose sur la présomption qu’en intégrant plus d’aliments sains, les individus mangeront moins d’aliments de faible valeur nutritive, expliquent-ils.
L’équipe du Dr Cohen de l’Université de Santa Monica en Californie a sondé 2767 Californiens et Louisianais sur leur consommation de fruits et légumes d’une part, et de biscuits, friandises et grignotines salées, boissons sucrées et alcool, d’autre part.
Selon les résultats, les personnes sondées mangeaient autant d’aliments à faible valeur nutritive, qu’ils soient grands ou petits consommateurs de fruits et légumes.
Ainsi, selon les auteurs, bien qu’il soit d’usage de faire la promotion d’aliments sains plutôt que de proscrire des aliments non nutritifs, l’efficacité d’une telle approche dans la lutte à l’obésité peut être questionnée.
L’étude est intéressante puisqu’elle illustre le fait qu’il convient de se méfier des présomptions. Pour ce qui est de juger de l’efficacité de l’approche « positive » de promotion d’une saine alimentation, il faudra sans doute d’autres études à l’appui.
Par Irène Langis et Geneviève Beauregard