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« À chacun selon sa faim », scande le GROS

Publié le 01 avril 2011

discours, poids, promotion-saines-habitudes-de-vie, santé-publique

« À chacun selon sa faim ». C’est notamment ce que veut défendre le Groupe de réflexion sur l’obésité et le surpoids (GROS) auprès de la population française par l’entremise des Drs Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati. En lieu et place de l’approche diététique des politiques actuellement en vigueur, ils suggèrent une approche misant sur une alimentation  « intuitive », fondée sur l’écoute et le respect des sensations et des émotions alimentaires. Leurs propositions occupent un chapitre du livre Traiter l’obésité et le surpoids paru récemment.

Discutons-en!
Que pensez-vous de cette façon
d’aborder l’obésité?

 

 

 

 

Voici les principaux reproches qu’ils adressent à l’approche diététique qui prévaut en France, que ce soit sur le plan de la prise en charge individuelle ou des politiques de prévention de l’obésité.

  • Faire des mangeurs, des mangeurs rationnels
    Encouragée par les experts, la population réfléchit à son alimentation, aux modes de préparation, aux quantités et au rythme de consommation. Cette rationalisation de l’alimentation éloigne l’individu de ses repères biopsychosensoriels, notamment ses sensations de faim et de satiété. C’est sans compter la vigilance requise qui peut difficilement être maintenue à long terme selon eux. Réfléchir son alimentation met à risque de dérèglements des conduites alimentaires et de problèmes de poids.
  • Diaboliser les aliments gras et sucrés
    L’anxiété et la culpabilité alimentaires engendrées par la diabolisation des aliments gras et sucrés entravent l’écoute des signaux, sensations et émotions alimentaires, et ce, quelles que soient les bonnes intentions et les précautions oratoires prises.
  • Confondre la préservation de la santé et la gestion de poids
    L’idée qu’il soit nécessaire ou suffisant de manger équilibré pour perdre du poids est inexacte et devrait être clairement démentie.
  • Faire primer le discours sur les nutriments (oméga-3, acides gras saturés, calcium, etc.) au détriment de celui sur les valeurs socioculturelles et affectives des aliments.

 

 À propos du GROS et des auteurs

Le GROS regroupe des thérapeutes de différentes formations (médecins généralistes et spécialistes, psychologues, diététiciens, paramédicaux) ayant à prendre en charge des personnes en difficulté avec leur poids et leur comportement alimentaire. L’association française se veut un lieu de réflexion, d’échanges et de formation. Les Drs Gérard Apfeldorfer et Jean-Philippe Zermati sont les deux cofondateurs du GROS. Le premier, médecin psychiatre et psychothérapeute, exerce depuis trente ans auprès d’une clientèle aux prises avec des troubles du comportement alimentaire et des problèmes de poids. Le second est médecin nutritionniste, thérapeute comportementaliste et spécialiste du comportement alimentaire. Tous deux ont signé plusieurs autres ouvrages sur le même sujet.


La politique de santé publique en matière d’obésité qu’ils proposent devrait comporter notamment les mesures suivantes :

  • Promouvoir une éducation alimentaire
    Par opposition à une éducation nutritionnelle, les auteurs suggèrent de valoriser le savoir-faire culinaire et la convivialité d’une part, et d’autre part, d’encourager une alimentation intuitive basée sur les signaux de faim et de satiété notamment.
  • Lutter contre l’hégémonie de la minceur
    La préoccupation excessive à l’égard du poids entraîne une relation conflictuelle avec les aliments pouvant mener à des problèmes pondéraux, expriment les auteurs, qui recommandent de valoriser les formes et les différences corporelles et d’encourager l’affirmation de soi.
  • Lutter contre la discrimination et la stigmatisation des obèses
    La honte et la culpabilité des obèses favorisent les comportements augmentant le risque d’obésité : le cycle de régimes et les compulsions alimentaires. L’accent doit être mis non pas sur le poids, mais sur une bonne hygiène de vie et sur la conservation et l’amélioration de la santé.
     
Messages à la population

Les auteurs suggèrent ces slogans pour illustrer les différentes mesures qu’ils proposent.
•    Le repas : partager ses aliments, partager sa journée.
•    Écoutons nos aliments et parlons-en!
•    À chacun selon sa faim.
•    Non, merci, je n’ai plus faim!
•    Ne finis pas ton assiette si tu n’as plus faim!
•    Mangeons au calme pour mieux respecter sa faim.
•    Prenons le temps de manger pour mieux respecter sa faim.
•    Désirer trop de minceur fait grossir.
•    La course à la minceur fait grossir.
•    Diversité des corps : respectez la différence.


Que pensez-vous de cette façon d’aborder l’obésité?


Pour en savoir plus : http://www.gros.org/gros/politique.php


Par Geneviève Beauregard

Source : Apfeldorfer G, Zermati J. Propositions du GROS pour une politique de santé publique en matière d'obésité. In: Zermati J, Apfeldorfer G, Waysfeld B, editors. Traiter l'obésité et le surpoids. Paris: Odile Jacob; 2010. p. 261-75.

Commentaires

Par J. Gaudet
Le 5 août 2011 à 14:23
J’ajouterais ceci :
habileS

Par J. Gaudet
Le 5 août 2011 à 14:22
Je partage une expérience ou une initiative :
Nous fonctionnons avec cette philosophie en nutrition au CSSS de Québec-Nord (et CSSS Vieille Capitale) et je suis toujours heureuse de voir passer ce genre d'interventions. Le virage se fait mais lentement... À quand des finissantes habilent avec cette façon d'intervenir ?!!?

Par Marianne Côté
Le 18 avril 2011 à 11:13
J'aime :
Je suis tout à fait d'accord avec cette approche. Je crois que pour avoir des résultats à long terme c'est la méthode qu'il faut proner. Je suis contente de voir que des médecins l'utilise et la recommande. Fini les diètes restrictives qui ne font qu'engraisser à long terme!

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