Discutons-en!
Que pensez-vous de ces résultats? Êtes-vous surpris que la formulation sous forme d’histoire ne se soit pas montrée supérieure?
Une nouvelle étude démontrant la supériorité des messages positifs (formulés en matière de gain) pour la promotion de l’activité physique vient d’être publiée dans le Journal of Health Communication. Les chercheuses américaines expliquent l’intérêt de leur étude par le fait que nous en savons peu sur la formulation de message pour promouvoir l’activité physique, bien que nous comprenions de mieux en mieux ses déterminants. Pour elles, l’avenue prometteuse consiste à combiner à une théorie de prédiction du comportement, des théories de persuasion.

Les trois théories qu’elles ont utilisées sont les suivantes :
- La théorie du com portement planifié, qui identifie les déterminants du comportement ciblé, entre les attitudes, les normes, le contrôle perçu et l’intention. Pour en savoir davantage sur cette théorie, écoutez l’entrevue réalisée avec le professeur Gaston Godin.
- L’exemplification theory, une théorie de la persuasion prétendant qu’une histoire (ou un témoignage) est plus engageante et persuasive qu’une présentation factuelle avec des statistiques, par exemple.
- La prospect theory, une théorie de la persuasion qui défend quant à elle que des messages positifs (en matière de gain) sont plus efficaces pour promouvoir un comportement préventif à faible risque (ex. : marcher 30 minutes par jour favorise la santé cardiovasculaire). Les messages négatifs (en matière de perte) seraient quant à eux plus efficaces pour promouvoir un comportement dont l’issue est incertaine (ex. : examen de dépistage).
Ainsi, leurs hypothèses peuvent se résumer de la façon suivante : seront plus efficaces pour agir positivement sur les différents déterminants de la pratique d’activité physique :
- un message positif plutôt qu’un message négatif;
- un message présenté sous forme d’histoire plutôt que présenté sous forme factuelle;
- un message positif et présenté sous forme d’histoire plutôt que tous les autres types de messages.
Quatre messages-tests ont été formulés. Leur contenu de base était le même : ils renfermaient tous des éléments liés à l’attitude (la motivation ou les effets bénéfiques sur l’estime de soi) et au contrôle perçu sur le comportement (l’importance de trouver du temps pour faire de l’activité physique). Or, ils étaient formulés différemment : positif/histoire, négatif/histoire, positif/factuel, négatif/factuel. Le message-contrôle renfermait une information financière à propos de l’utilisation d’une carte de crédit.
345 personnes de 18 à 29 ans ont participé à l’étude, le tiers était des hommes et les deux tiers, des femmes. Par le biais d’un site Web, ils étaient exposés à un des cinq messages. Puis, leur attitude, leur perception de contrôle, leur intention à l’égard de la pratique de 20 minutes d’activité physique trois fois par semaine étaient évaluées. Ils étaient également questionnés sur l’efficacité perçue du message auquel ils avaient été exposés ainsi que sur leur pratique actuelle d’activité physique.
Le positif fait la différence
Selon les résultats obtenus, la formulation positive serait supérieure pour influencer la perception de contrôle et l’intention à l’égard de la pratique de 20 minutes d’activité physique trois fois par semaine. L’attitude n’a quant à elle pas été influencée davantage par la formulation positive que par la formulation négative. La formulation sous forme d’histoire ne s’est pas avérée supérieure que celle factuelle, ni inversement.
Sur le même sujet, nous avons publié récemment l’article Promouvoir l’activité physique : pistes d’action pour la formulation de messages. Nous y rapportions les résultats d’une étude de revue publiée en 2010 qui concluait sur l’impossibilité de formuler des recommandations claires en raison d’un manque d’étude. Dans ce contexte, les auteurs recommandaient par prudence d’utiliser uniquement des messages positifs et d’éviter les messages négatifs ou mixtes. La présente étude va donc dans le même sens.
Que pensez-vous de ces résultats? Êtes-vous surpris que la formulation sous forme d’histoire ne se soit pas montrée supérieure?
Par Geneviève Beauregard
Crédits photo : Rudd Center for Food Policy and Obesity