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Combien coûte une alimentation saine, économique et acceptable socialement et culturellement?

Publié le 07 juillet 2010

freins-économiques, population-précaire

Manger santé coûte cher? Pas nécessairement, si on compose son menu d’aliments très nutritifs et très abordables, comme les légumineuses, noix, graines, riz, carottes, pommes de terre ou choux. C’est ce que défend le chercheur américain Adam Drewnowski. Le hic, c'est que plusieurs de ces aliments sont boudés par les consommateurs, y compris par ceux qui gagneraient tout particulièrement à les mettre au menu si l'on considère leur budget restreint.

Le manque de motivation, de connaissances, d’instruction, de temps ou simplement les mauvaises habitudes de vie ont été proposées comme explications dans la littérature. Et si c’était parce que ces aliments sont culturellement et socialement inappropriés? C’est l’hypothèse qu’ont voulu étudier Maillog, Darmon et Drewnowski, et qui a donné lieu à un article dans la revue Public Health Nutrition.

Ils avaient pour objectif d’évaluer le coût d’une alimentation économique adéquate sur le plan nutritionnel, d’une part, et fidèle aux habitudes alimentaires de la population, d’autre part. L’alimentation habituelle des Français a été caractérisée à partir de données recueillies en 1999 auprès d’individus de 15 à 92 ans. Plus de 600 aliments ont été identifiés comme faisant plus ou moins partie de leur alimentation. À partir de ceux-ci, un éventail de plans alimentaires économiques a été dressé, en fonction de critères nutritionnels de plus en plus rigoureux.

Les chercheurs ont pu par la suite évaluer le coût de l’alimentation en fonction de sa qualité nutritionnelle et de sa concordance avec les habitudes alimentaires de la population. De l’analyse, le principal constat qui se dégage est le suivant :

  • Une alimentation nutritionnellement adéquate qui correspond aux habitudes alimentaires de la population française coûte près de 10 fois plus cher que celle tout aussi adéquate sur le plan nutritionnel, mais qui ne tient pas compte des habitudes de la population.

Comme le résument les auteurs, ne considérer que les variables économiques et nutritionnelles donne lieu à une alimentation relativement déconnectée des normes sociales, mais aussi peu variée. En tenant compte des habitudes alimentaires de la population à qui on s’adresse, le coût de cette alimentation économique et saine augmente. Comme les choix alimentaires sont partie intégrante de l’identité sociale et qu’il est normal de vouloir adopter une alimentation acceptable socialement, il convient de tenir compte de la réalité des gens à qui on s’adresse. Tout n’est pas question que de nutrition et de coût.


Par Geneviève Beauregard

Source : Maillog M, Darmon N, Drewnowski A. Are the lowest-cost healthful food plans culturally and socially acceptable. Public Health Nutrition 2010;13(8):1178-85.

Commentaires

Par Marie Ouellet
Le 26 juillet 2010 à 10:37
J’ajouterais ceci :
Quand j'anime des activités en classe et que les enfants ne savent pas trop ce qu'est une galette à la mélasse mais connaissent les pattes d'ours (sans faire l'association)... nous sommes devant de gros enjeux et de gros défis alimentaires !!! Nous sommes bombardés de messages publicitaires et marketing qui nous incitent à manger tout prêt, messages "se nourrisssant" de nos rythmes de fou effrénés. Donc oui, nous devons prendre le temps de faire à manger, se réapproprier des connaissances de bases et des techniques culinaires et surtout, redorer l'image d'une cuisine simple et familiale.

Par louise sirard
Le 23 juillet 2010 à 08:49
J’ajouterais ceci :
Je vois souvent la différence entre les personnes à faible revenu immigrantes et les personnes à failbe revenu québécoise de souche.
La majorité des immigrantes savent cuisiner (entre autres les légumineuses) et accordent une priorité aux repas alors que malheuresusement beaucoup de québécoise à faible revenu ne savent ni cuisiner, ni planifier un budget alimentaire et accordent peu d'importance aux repas. Par conséquent beaucoup de leur budget alimentaire sert à acheter des produits déjà préparés, plus ou moins nutritif ou fréquente les restaurants de type fast food plutôt que de cuisiner.

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