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La saine alimentation au Québec : une vision, un discours

Publié le 16 mars 2010

alimentation, discours, environnements-favorables

Le 11 mars dernier, le ministère de la Santé et des Services sociaux a profité des Journées annuelles de santé publique pour faire connaître sa Vision de la saine alimentation pour la création d'environnements alimentaires favorables à la santé. Élaborée dans le cadre du Plan d’action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et des problèmes reliés au poids 2006-2012 - Investir pour l'avenir, elle s’adresse à tous les acteurs ayant une influence sur l’environnement alimentaire. Elle propose en effet des balises permettant d’améliorer l’offre alimentaire dans les différents milieux de vie dans lesquels la population évolue.

Au-delà de la valeur nutritive

Pour le ministère, les aliments ne servent pas qu’à nourrir ou à fournir des éléments nutritifs, ils procurent du plaisir. La vision alimentaire qu’il propose considère les multiples dimensions des aliments, biologique, mais aussi, socioculturelle et économique entre autres.

Aliments quotidiens, d’occasion et d’exception

La Vision de la saine alimentation découle du principe suivant : l’alimentation est un tout qui doit être vu dans son ensemble et non pas aliment par aliment, ni repas par repas. Une saine alimentation se compose d’une variété d’aliments se situant sur un continuum de peu ou pas nutritifs à très nutritifs. Selon leur valeur nutritive, leur place variera en fréquence et en quantité. Cette logique se traduit par trois groupes d’aliments : les aliments quotidiens, d’occasion et d’exception.

Des environnements alimentaires appropriés

L’offre alimentaire de tous les milieux devrait être la plus saine, nutritive et savoureuse possible. Toutefois, les établissements de santé et d’éducation, parce qu’ils donnent l’exemple, devraient mettre l’accent sur les aliments quotidiens et ne garder qu’une petite place pour les aliments d’occasion. Les restaurants, quant à eux, peuvent être plus souples dans leur offre.

Un nouveau discours

Bien que la population ne soit pas la cible première de cette vision, on peut facilement imaginer qu’elle teintera désormais le discours sur la saine alimentation. L’expression « aliment santé », abondamment utilisée par l’industrie alimentaire, les professionnels de la santé et les médias perdra de son sens, d’autant plus qu’elle véhicule une notion fausse et non fondée scientifiquement selon laquelle un seul aliment peut contribuer grandement à la santé ou à l’inverse, poser un grand risque.

Ils en ont parlé

Stéphanie Bérubé dans un article intitulé « Le ministère de la Santé ne bannit pas les frites » publié dans La Presse du 12 mars 2010.

Pour en savoir plus
 

Consultez le site Web La vision de la saine alimentation.

Par Geneviève Beauregard

Source : Bouchard, A.-A., Farah, R., Gagnon, H.,Lachance, B.,Lesage, D.,Mongeau, L., Pageau, M. Vision de la saine alimentation pour la création d'environnements alimentaires favorables à la santé. Ministère de la Santé et des Services sociaux 2010.

Commentaires

Par Sylvie Lamirande
Le 12 mai 2010 à 11:05
Je me questionne :
Le principe d'aliments quotidiens, d'occasion et d'exception est intéressante mais tout-à-fait inutile si on ne peut identifier à quelle catégorie appartient les différents aliments. Seule une nutritionniste peut s'y retrouver.
Il faut un guide plus précis afin que les partenaires du milieu (restaurants, municipalités, organisations sportives, organismes...) puissent le comprendre et le mettre en pratique.

Par Geneviève Beauregard
Le 1 avril 2010 à 11:33
J’ajouterais ceci :
M. Boisvert, vos questionnements soulèvent le défi que devront relever les communicateurs : communiquer en cohérence avec cette vision, très juste à mon avis, pour non pas accroître la cacophonie nutritionnelle/alimentaire, mais bien la réduire. Autrement dit, adopter un discours simple, réaliste et donc réellement aidant pour la population. Fournir des repères, faire appel au gros bon sens, faire du sens. Nous sommes sur la bonne voie, ne pensez-vous pas ?
Chez les Français, on partage non seulement une préoccupation similaire, mais on l’exprime et on la discute. À lire à ce sujet le blogue de l’lnstitut pour la Recherche en Marketing de l’Alimentation Santé (IREMAS) : http://www.iremas.org/ (blogue, 29 mars 2010)

Par Andréanne Charbonneau
Le 25 mars 2010 à 12:14
Je me questionne :
Je suis d'accord avec vous. Par contre, la compréhension que j'en ai est que la vision de la saine alimentation se veut large. On évite, sur le plan de la communication et de l'éducation, la dichotomie des aliments «bons» et «mauvais». En classant les aliments de façon trop précise dans les classes suggérées, n'y a-t-il pas un risque de «trichotomiser»?
En principe, le public cible visé par la vision de la saine alimentation, soit les acteurs ayant une influence sur les environnements alimentaires, disposent d'outils complémentaires pour agir sur l'environnement alimentaire et déterminer les différents aliments faisant partie de l'offre alimentaire globale. C'est notamment le cas dans le milieu scolaire et le milieu hospitalier.
Pour ce qui est des représentants de l'industrie (transformateurs, distributeurs, concessionnaires, etc.), je ne peux être plus d'accord avec vous. Il y a vraiment un besoin de traduire les grandes orientations en critères nutritionnels précis et caractéristiques souhaitées du produit par catégories d'aliments. Je souhaite que suite aux JASP, on puisse se doter des outils et des mécanismes de communication pour réconcilier les discours et favoriser un travail conjoint entre les acteurs de l'industrie et les acteurs de la santé publique.

Par Paul Boisvert, PhD
Le 17 mars 2010 à 17:00
J’ajouterais ceci :
Qu'est-ce qui est considéré occasionnel? 2 fois par semaines ou 1 fois par mois?
Qu'est-ce qui est considéré exceptionnel? 1 fois par semaine ou 1 fois par mois?
Ce n'est pas mentionné. Aux JASPS, on a mentionné que occasionnel serait 1-2 fois par semaines et exceptionnel serait 1-2 fois par mois. Ce n'est inscrit nulle part dans le communiqué, dans le document et dans ce bulletin de communication. On ne peut être plus VAGUE dans ce cas-ci.

Par Paul Boisvert, PhD
Le 17 mars 2010 à 16:54
Je me questionne :
Aliments occasionnels ou d'exception???
Cette notion est intéressante mais totalement vague, tout comme le sont les objectifs du PAG avec ses Favoriser, Sensibiliser. En étant INCAPABLE de produire une liste d'aliments d'occasions et d'exceptions, on ne sait pas pas de quoi on parle, ou plutôt on laisse aux restaurateurs et à l'industrie le soin de 'deviner'. Hors lors de la journee des JASP portant sur ce sujet, les représentants de l'industrie ont justement exprimés le besoin d'avoir des balises claires et précises.

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