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Taxer la malbouffe : une proposition de la Fédération des médecins spécialisés du Québec

Publié le 02 février 2010

environnements-favorables, promotion-saines-habitudes-de-vie, publicité, société

La proposition de la Fédération des médecins spécialisés du Québec (FMSQ) d'instaurer une taxe sur la malbouffe fait l'objet d'une publicité télévisée diffusée actuellement sur les réseaux généralistes et certaines chaînes spécialisées. Cette campagne télévisée, intitulée L'expertise a un prix, a été lancée le 31 janvier dernier.

La proposition de cette taxe « prévention santé » sur la malbouffe s'appuie essentiellement sur le fait que la malbouffe est dommageable et non essentielle pour la santé. Appliquée sur une trentaine de produits à raison de 15 %, cette taxe permettrait de générer 350 millions de dollars, selon l'estimation de la FMSQ.

Quatre propositions sont issues d'une réflexion portant sur les avenues que pourrait emprunter le gouvernement du Québec pour renflouer ses coffres autrement que par des voies classiques d'imposition, de taxation ou de tarification qui affectent tous les citoyens. L'argent ainsi amassé servirait à payer l'expertise médicale comme l'a expliqué le Dr Gaëtan Barrette, président de la FMSQ, de passage à Tout le monde en parle le 7 février 2010. Il a également précisé que d'autres propositions suivront. Les trois autres mesures proposées pour l'instant  vont comme suit :

  • instaurer une taxe spéciale sur l'eau embouteillée en format de 500 ml;
  • établir des normes strictes et transparentes en matière d'octroi des contrats et une meilleure gestion des projets de construction routière;
  • considérer l'exportation de l'eau comme une avenue prometteuse et prendre les mesures nécessaires pour développer ce secteur d'exportation.

Sur le site de la campagne L'expertise a un prix, il est possible de visionner les quatre publicités et, pour chacune des mesures proposées, de commenter, de voter et de signer une pétition virtuelle qui sera éventuellement acheminée à l'Assemblée nationale.

Ils en ont parlé

Dr Gaëtan Barrette à Tout le monde en parle diffusé à Radio-Canada le 7 février 2010.

Éric Yvan Lemay dans un article intitulé Vendre notre eau pour financer la santé? publié le 2 février dernier 2010 dans le Journal de Montréal.


Par Geneviève Beauregard

Mis à jour : 8 février 2010

Commentaires

Par Celine Beaudoin
Le 4 mars 2010 à 15:07
Je me questionne :
On retrouve dans ces propositions de la FMSQ beaucoup d'incohérence faisant montre du peu de connaissances et d'expertises de santé publique de certains médecins. En effet, plusieurs spécialistes questionnent l'impact réel sur les habitudes de vie à taxer la malbouffe? Il faut réfléchir sur les effets pervers d'une telle mesure et bien considérer l'impact réel au niveau des coûts des fruits et légumes.
Tout comme le fait de considérer l'exportation de l'eau comme une avenue prometteuse devrait tenir compte de l'impact majeur de cette mesure sur nos réserves d'eau potable? On a qu'à considérer la crise actuelle du pétrole et les enjeux environnementaux sur la santé de nos lacs pour questionner la légèreté de cette proposition!
En plus, instaurer une taxe spéciale sur l'eau embouteillée en format de 500 ml pour faire quoi exactement, dépolluer nos lacs et instaurer des mesures réelles de prévention en santé oui, payer davantage nos médecins??? Je ne suis pas convaincue...

Par Isabelle Dumont, Dt.P. Nutritionniste
Le 19 février 2010 à 11:48
Je me questionne :
En tant que nutritionniste-diététiste, je promouvois un mode de vie sain et équilibré par le biais de l'alimentation. Je promouvois par le fait même qu'une alimentation équilibrée inclue une grande variété d'aliments mais n'en exclut aucun. Je me questionne un peu sur l'impact qu'aura cette taxe. Comment tracer la ligne entre la malbouffe et la "bonne bouffe" ? Que mettra-on du côté de la malbouffe? Est-ce que le chocolat est un aliment sain ou un aliment néfaste? Est-ce que du jus de fruits, consommé en grandes quantités est plus santé que de la boisson gazeuse??Tout dépend de sa consommation et du comportement alimentaire de la personne qui le mange. La classification des aliments dans ces 2 catégories perd de plus en plus de plumes dans la communauté des nutritionnistes car on crée de cette façon un mouvement de restriction cognitive important qui a son rôle à jouer dans le développement de l'obésité.

Je ne tasse pas du revers de la main que cette taxe n'aurait aucun avantage, mais il faut se questionner sur l'impact à long terme de cette classification.

De plus, je travaille au sein d'une population à faible revenu et je pourrais vous affirmer que oui, le coût des aliments peut jouer sur leur pouvoir d'achat mais que ce n'est pas tout. Même si on remet des argents provenant de la taxation de la malbouffe sur les produits "corrects" ( encore une fois, quels seront-ils?? les fabriquants monteront aux barricades!!), je ne crois pas que la population à faible revenu changera drastiquement sa consommation de malbouffe. C'est une grosse question d'environnement, d'habitudes familiales et de connaissances. Cette taxe ciblera beaucoup les gens à faible revenu et ceux-ci en seront majoritairement les "payeurs"...

C'est un pensez-y bien..

Par Lise Couturier
Le 19 février 2010 à 06:50
J'aime :
Le commentaire d'Anne-Sophie résume bien ma pensée. Augmenter le coût de la malbouffe, utiliser cet argent afin de réduire le coût des aliments sains et les rendre accessible à toute la population.

Lise Couturier

Par José Poulin
Le 18 février 2010 à 16:43
Je me questionne :
Il serait beaucoup plus intéressant de faire la promotion des bons produits, comment faire la bionne bouffe etc tout en parlant du positif que de vouloir chargé des taxes et que la majorité qui ne savent de quoi parler monte aux barricades.
Contre les taxes, pour l'éducation !

Par Eric Robitaille
Le 18 février 2010 à 15:19
J’ajouterais ceci :
Un débat qui est présent aussi en Roumanie: Roumanie : un projet de taxer la "malbouffe" fait grincer des dents (http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jGcqiT4ER5pvxqAVDrGnuvhzB_qw)

Par Suzie Pellerin
Le 18 février 2010 à 13:19
J’ajouterais ceci :
Les courbes de l’obésité suivent la même pente croissante que celle de la consommation de boissons gazeuses.
L’augmentation de la consommation des boissons gazeuses et énergisantes résulte en grande partie des investissements en innovation et en marketing de l’industrie. Il est vrai que manger et boire sont essentiels à la vie. Mais, jusqu’à preuve du contraire, boire des boissons gazeuses et énergisantes n’est pas vital! Tout le monde (sauf l’industrie) s’entend pour dire que ce sont des produits à consommer avec modération car ils n’apportent aucun nutriment à l’organisme. Alors pourquoi en boit-on autant? Parce que l’industrie a réussi à créer et à amplifier ce faux-besoin dans notre société.

Comment contrer ce phénomène? De la prévention, de l’éducation, des programmes de sensibilisation… Oui, mais comment les payer?

Par geneviève beauregard
Le 18 février 2010 à 10:31
J’ajouterais ceci :
Le débat entourant l'apposition d'une taxe sur la malbouffe fait couler beaucoup d'encre et semble loin d'être terminé. La journaliste Stéphanie Bérubé a d'ailleurs publié un dossier intitulé Qui paiera la taxe sur les boissons gazeuses? le 16 février dernier dans La Presse. À lire sur Cyberpresse.ca : http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/sante/201002/15/01-950008-qui-paiera-la-taxe-sur-les-boissons-gazeuses.php

Par Anne-Sophie
Le 16 février 2010 à 17:20
Je me questionne :
En tant qu'étudiante en soins infirmiers, je suis d'avis que c'est une excellente idée de taxer la malbouffe. Cependant je crois qu'il serait préférable de réduire le coût des choses plus santé. Il ne faut pas oublier que certaines personnes (et il y en a plus que l'on croit) ne peuvent s'offrir autre choses que de la malbouffe, car son coût est moindre que les aliments santé. On fait des dizaines et des dizaines de publicités pour promouvoir la santé, mais le litre de boisson gazeuse est deux fois moins cher que le litre de lait. Il en est de même pour la caisse de clémentines en spécial au supermarché qui est plus cher que la majorité des pizzas surgelées. Trouvez l'erreur! Pour une famille à faible revenu pour qui chaque sous est comptés, je m'excuse mais le choix n'est pas difficile à faire. Je dis, augmentons le prix des aliments néfastes pour la santé, mais servons nous intelligemment des bénéfices de ces augmentations pour rendre accessible au plus de gens possible les meilleurs choix alimentaires.

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