Bureau de soutien à la communication en santé publique

 
 

DOSSIER SPÉCIAL

Littératie en santé

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Saviez-vous que?

  • 95 % des Québécois de plus de 65 ans sont sous le seuil minimal de littératie en santé nécessaire pour prendre soin adéquatement de leur santé.

  • 90 % des Québécois de 16 et plus sans diplôme secondaire sont sous le seuil minimal de littératie en santé nécessaire pour prendre soin adéquatement de leur santé.

  • Au Québec, 73 % des immigrants sont sous le seuil minimal de littératie nécessaire pour fonctionner adéquatement en société.

D’importants écarts en matière de littératie en santé divisent la population. Trois groupes sont plus susceptibles d’avoir un faible niveau de littératie en santé : les aînés, les personnes peu scolarisées et les immigrants1. Ce handicap se traduit par une plus grande difficulté à trouver de l’information sur la santé, à la comprendre et à l’utiliser de façon à maintenir et à améliorer sa santé. Un plus faible niveau de littératie en santé est associé à une moins bonne santé, mais également à un revenu plus bas et à une moindre qualité de vie2,3,4.

Pour ces groupes, des obstacles ont pour effet d’accentuer leur difficulté à comprendre l’information santé. Il peut s’agir :

  • d’une perte des facultés cognitives en raison du vieillissement;
  • d’une faible instruction générale et d’un manque de connaissances et de compétences en matière de santé;
  • de l’usage d’une langue maternelle autre que le français ou l’anglais;
  • d’une faible activité en lecture et en écriture;
  • d’une crainte d’être stigmatisé en demandant de l’aide ou en avouant une incompréhension4.
Les personnes de plus de 65 ans

De la démocratisation de la télévision à celle d’Internet, c’est toute une révolution qu’ont vue s’opérer les plus de 65 ans au chapitre des communications, et en particulier les communications au sujet de la santé. Dans notre société, 95 % des aînés n’atteignent pas le niveau minimal (niveau 3) de littératie nécessaire pour prendre soin adéquatement de leur santé de façon autonome et fiable. En comparaison, c’est plus de la moitié (61 %) des 16 à 65 ans qui sont dans la même situation5.

Proportion des Québécois de 16 ans et plus dont le niveau de littératie en santé est inférieur à 3, selon l'âge5
16 ans et plus 66 %
16 à 65 ans 61 %
66 ans et plus 95 %

 

Cette situation est d’autant plus préoccupante que les aînés sont plus susceptibles d’être malades, et donc plus amenés à prendre des décisions reliées à leur santé, à suivre un traitement et à utiliser le système de santé4.

Outre la barrière des technologies de l’information, le faible niveau de littératie des plus de 65 ans peut s’expliquer par un niveau de scolarité moins élevé, mais aussi par la diminution des fonctions cognitives propres au vieillissement2.

Les personnes peu scolarisées

La littératie, qui est étroitement liée à la littératie en santé, est grandement influencée par la scolarité. Le lien entre l’éducation et la littératie est direct et indirect. Sur les bancs d’école, on acquiert des connaissances relatives à la santé, mais on développe également des compétences plus générales nécessaires à la recherche et à l’utilisation de l’information1,2,6.

Chaque année de scolarité supplémentaire, les compétences en littératie s’accroissent considérablement.

Parmi les Québécois de 16 ans et plus qui n’ont pas complété leur diplôme d’études secondaires, 90 % n’atteignent pas le niveau de littératie en santé nécessaire pour prendre soin de leur santé adéquatement (niveau 3). Cette proportion tombe à 68 % chez ceux qui ont complété ce diplôme, puis à 54 % chez ceux détenant un diplôme postsecondaire non universitaire pour atteindre 47 % chez ceux qui possèdent un diplôme universitaire. L’obtention du diplôme d’études secondaires constitue un seuil critique minimal à atteindre5. Le niveau de scolarité des parents a aussi une incidence importante1,7.

Proportion des Québécois de 16 ans et plus dont le niveau de littératie en santé est inférieur à 3, selon le niveau d’instruction5
Études secondaires non terminées 90 %
Études secondaires terminées 68 %
Études postsecondaires non universitaires complétées 54 %
Études universitaires complétées 47 %

 

La lecture quotidienne, un loisir très enrichissant

Lire quotidiennement livres, journaux, sites Web, etc. ressort comme étant le facteur ayant le plus d’influence sur le niveau de littératie en santé; une influence supérieure même à l’influence de la scolarité et du contexte familial1.

Les immigrants

Parmi les immigrants, soit les personnes qui ne sont pas nées au Canada, 73 % n’atteignent pas le niveau 3 de littératie en santé. En comparaison, c’est le cas de 65 % de ceux qui sont nés ici5.

Proportion des Québécois de 16 ans et plus dont le niveau de littératie en santé est inférieur à 3, selon le statut d’immigration5
Nés au Canada 65 %
Immigrants 73 %


Étant conscient que ces groupes de population sont plus à risque d’avoir un faible niveau de littératie en santé, il conviendra d’être particulièrement vigilant dans les communications qui leur sont adressées. C’est d’ailleurs ce que nous recommande le Groupe d’experts sur la littératie en matière de santé8.


Références
  1. Conseil canadien sur l'apprentissage. Littératie en santé au Canada : Une question de bien-être. Ottawa; 2008.
  2. Bernèche F, Perron B. La littératie au Québec en 2003 : faits saillants, Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes. Québec : Institut de la statistique du Québec; 2003.
  3. Murray S, Rudd R, Kirsch I, Yamamoto K, Grenier S. Littératie en santé au Canada : Résultats initiaux de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes. Ottawa : Conseil canadien sur l'apprentissage; 2007.
  4.  Rootman I, Gordon-El-Bihbety D. Vision d'une culture de la santé au Canada : Rapport du Groupe d'experts sur la littératie en matière de santé.  Association canadienne de santé publique; 2008.
  5. Statistique Canada. Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA).  2005.  Calculs faits par le Conseil canadien de l'apprentissage.
  6. Pages JE, Murray TS. La littératie à l'ère de l'information : Points saillants du Rapport final de l'Enquête internationale sur la littératie des adultes.  Base de données en alphabétisation des adultes; 2007.
  7. Institut de la statistique du Québec. Développer nos compétences en littératie : un défi porteur d'avenir - Rapport québécois de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation et les compétences des adultes (EIACA), 2003. 2006.
  8. Rootman I, Gordon-El-Bihbety D. Synthèse - Vision d'une culture de la santé au Canada : Rapport du Groupe d'experts sur la littérature en matière de santé. Association canadienne de santé publique; 2008.

Collaborateurs-experts consultés

Chantale Audet, agente de planification, de programmation et de recherche,
Unité développement et adaptation des personnes
Institut national de santé publique du Québec

Marc Lachance, directeur - Rapport et suivi
Conseil canadien sur l'apprentissage


Par Geneviève Beauregard
Collaboration à la recherche : Gabrielle Fontaine-Giroux, stagiaire


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