Pour la première fois au Québec, l’Enquête québécoise sur la santé de la population (EQSP), publiée à la fin de 2010, documente les actions prises par la population de 15 ans et plus pour gérer son poids.
À propos de l’enquête
L'EQSP a été réalisée par l'Institut de la statistique du Québec. La collecte de données s’est déroulée du 13 février 2008 au 15 mars 2009 par le biais d’entrevues téléphoniques. L’enquête comprend 12 sections, chacune portant sur un sujet de santé spécifique allant du suicide à la santé buccodentaire. Une section porte sur le poids et la perception de son apparence physique par l’entremise de 33 questions posées aux répondants. Au total, 38 154 Québécois de 15 ans et plus ont participé à l’enquête. Ceux-ci provenaient des différentes régions du Québec, à l’exception du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James.
Selon les données autorapportées de cette enquête, l’obésité touche 16 % des personnes de 15 ans et plus et l’embonpoint, 35 %. Ainsi, environ la moitié de la population présente un surplus de poids.
Qui tente de perdre du poids?
Toutes catégories de poids confondues, les données révèlent que 19 % des répondants ont tenté de perdre du poids sur une période de six mois. Ceux présentant de l’embonpoint et de l’obésité ont été particulièrement nombreux à entreprendre une telle démarche. En effet, parmi les répondants présentant de l’embonpoint, 24 % ont tenté de perdre du poids et 20 % ont tenté de maintenir leur poids. Parmi les répondants obèses, 42 % ont tenté de perdre du poids et 19 % ont tenté de le maintenir.
Une préoccupation constante
Parmi les personnes qui ont tenté de perdre du poids, toutes catégories de poids confondues, 30 % ont fait « une tentative » au cours d’une période référence de six mois, 16 % en ont fait « deux ou trois », 7 % ont fait « au moins quatre tentatives », alors que 46 % ont dit « faire pratiquement toujours attention ».
Les méthodes de contrôle du poids
Parmi les personnes ayant tenté de perdre du poids ou de le maintenir, la majorité (96 %) a utilisé « presque tous les jours » au moins une des douze méthodes saines identifiées dans le cadre de cette enquête sur une période de six mois. Le recours à une des onze méthodes considérées comme potentiellement dangereuses a touché 8 % des répondants ayant tenté de perdre du poids ou de le maintenir.
Voici les méthodes considérées saines et celles considérées comme ayant un potentiel de dangerosité dans l’EQSP :
Méthodes considérées saines
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Méthodes considérées comme ayant un potentiel de dangerosité |
| Faire 30 minutes d’activité physique par jour |
Ne pas manger pendant toute la journée |
| Diminuer les portions |
Sauter des repas |
| Porter attention aux sensations de faim et de satiété |
Prendre des substituts de repas |
| Réduire le grignotage entre les repas |
Prendre des laxatifs |
| Manger plus de fruits et de légumes |
Prendre des pilules qui font uriner (diurétiques) |
| Manger des aliments moins gras |
Prendre des pilules qui enlèvent l’appétit (coupe-faim) |
| Manger des aliments moins sucrés |
Prendre des médicaments pour maigrir prescrits par un médecin |
| Réduire la consommation d’alcool |
Prendre des produits amaigrissants |
| Diminuer la consommation de boissons sucrées |
Commencer ou recommencer à fumer |
| Remplacer les breuvages et boissons sucrées par de l’eau |
Utiliser des crèmes, des timbres ou des machines |
| Cuisiner davantage |
Se faire vomir |
| Diminuer la consommation de fast-food et de repas livrés |
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Les trois méthodes saines les plus populaires sont « manger plus de fruits et de légumes », « manger des aliments moins gras » et « remplacer les breuvages et boissons sucrées par de l’eau ». Parmi les méthodes présentant un potentiel de dangerosité, « sauter des repas » a été la plus employée.
Au-delà de ces méthodes spécifiques, 23 % des répondants ayant tenté de perdre du poids ou de le maintenir ont eu recours, une fois ou plus, aux diètes ou programmes amaigrissants au cours d’une période référence de six mois. 13 % ont quant à eux consulté au moins une fois un professionnel de la santé. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à avoir adopté ces stratégies.
Cette enquête répond à certaines questions sur la gestion de poids des Québécois. Elle en soulève d’autres par ailleurs selon les auteurs : est-ce que les personnes qui « font toujours pratiquement attention » ont une alimentation équilibrée? À quoi font-elles attention au juste?
Par Geneviève Beauregard