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Du lait et des substituts s.v.p.!

Publié le 03 février 2010

communication, lait-et-substituts, promotion-saines-habitudes-de-vie

Saviez-vous que?

  • Trois adolescentes sur cinq ne prennent pas suffisamment de produits laitiers

  • Environ les trois quarts des Québécois de 51 ans et plus ne consomment pas suffisamment de produits laitiers

Les plus récentes données indiquent que les Québécois, jeunes et adultes, ne consomment pas suffisamment de produits laitiers. Ils sont en effet nombreux à ne pas respecter les recommandations du Guide alimentaire canadien, qui suggère d’en intégrer deux à quatre portions par jour selon l’âge1,2. Ces aliments gagneraient donc à être davantage au menu des Québécois, aux repas comme aux collations.

 

 

 

 

 Quelques notions d’abord
Qu’entend-on par « Lait et substituts »?
L’ensemble « Lait et substituts » est un des quatre groupes du Guide alimentaire canadien et comprend, outre le lait de vache, les aliments préparés à partir de celui-ci (fromage, yogourt, lait évaporé, lait en poudre, lait aromatisé, kéfir), le lait, le yogourt et le fromage de chèvre, la boisson de soya enrichie, etc.2.
Lait et substituts ou produits laitiers?
La plus récente version du Guide alimentaire canadien, publiée en 2007, parle de « lait et substituts » et non plus de « produits laitiers » comme c’était le cas dans la version précédente de 1992. Ce changement de dénomination s’explique par l’ajout de substituts non laitiers au groupe, telle la boisson de soya enrichie.
Assez c’est combien?
Selon l’âge du consommateur, le Guide alimentaire canadien recommande de deux à quatre portions quotidiennes de lait et substituts.
Nombre de portions de lait et substituts recommandé par le Guide alimentaire canadien en fonction de l’âge2

2 à 8 ans

2 portions
9 à 18 ans 3 à 4 portions
19 à 50 ans 2 portions
51 ans et plus 3 portions
 
Trop peu de lait et substituts au menu des Québécois

Une proportion allant de 19 à 61 % des jeunes de 4 à 18 ans consomment moins de deux portions de produits laitiers par jour, alors que le Guide alimentaire canadien en recommande de deux à quatre selon l’âge. Les adolescentes de 14 à 18 ans se démarquent puisque trois sur cinq d’entre elles (61 %) n’atteignent pas les deux portions quotidiennes1,2.

Chez les adultes, ce sont les deux tiers (66 %) d’entre eux qui consomment moins de deux portions par jour. Les personnes de plus de 50 ans sont les plus nombreuses à ne pas en consommer suffisamment, soit dans une proportion de 73 % et plus. De plus, les plus récentes données indiquent que leur consommation n’aurait que légèrement augmenté depuis les quinze dernières années3.


Des arguments santé pour encourager la consommation de lait et substituts

Ignorer ou être mal informé quant aux rôles des produits laitiers sur la santé est associé, selon la littérature, à une moindre consommation de ceux-ci4. Comme arguments santé à mettre de l’avant nous vous suggérons…

  • Le lait et ses substituts favorisent la formation et le maintien d’os solides et de dents saines

Le lait et ses substituts sont particulièrement riches en éléments nutritifs essentiels à la santé des os et des dents4. Un de ceux-là est le calcium, qui contribue, avant l’âge de 30 ans, à optimiser la masse osseuse. Après cet âge, il en limite la perte. L’absorption du calcium est favorisée par la vitamine D5. Ainsi, consommer suffisamment de lait et de substituts réduit le risque de fractures en assurant la formation et le maintien d’os solides4,5,6.

  • Le lait et ses substituts composent des collations nourrissantes et rassasiantes

Chez les adultes québécois, les collations semblent être une occasion ratée de prendre des aliments nutritifs. En effet, plus de la moitié des « autres aliments » sont pris entre les repas3. Riches en protéines, le lait et ses substituts sont rassasiants et conviennent donc très bien à la collation.

La littérature scientifique dévoile également d’autres bienfaits, notamment l’effet positif qu’ont les aliments riches en calcium sur la tension artérielle6. Les produits laitiers aideraient également à la gestion de poids chez les individus obèses ou en surpoids. Alliée à une restriction calorique, l’augmentation de la consommation de produits laitiers accroîtrait la perte de poids ces individus7.

Sources de vitamine D, le lait et la boisson de soya se démarquent
Le lait est la principale source alimentaire de vitamine D, d’où la recommandation du Guide alimentaire canadien d’en consommer deux tasses (500 ml) par jour. La boisson de soya enrichie peut remplacer le lait2. Sinon, la vitamine D est synthétisée par l’exposition cutanée aux rayons UVB du soleil. Or, au Québec, durant les mois d’automne et d’hiver (octobre à mars), cette synthèse est limitée, d’où l’importance d’en consommer par le biais des aliments et, pour certains, de suppléments alimentaires8,9.

La vitamine D fait actuellement l’objet d’un engouement dans le monde de la recherche. Il semblerait qu’elle soit notamment impliquée dans la prévention de certains cancers, particulièrement le cancer colorectal. Elle interviendrait aussi dans la prévention du diabète et de la sclérose en plaques10.
Des obstacles à la consommation de produits laitiers

Pourquoi certains ne consomment pas suffisamment de produits laitiers et d’autres réduisent leur consommation, parfois sans même s’en rendre compte? Promouvoir la consommation de lait et substituts commence d’abord et avant tout par la compréhension des obstacles qui nuisent à l’adoption ou au maintien du comportement. En voici quelques-uns relevés notamment dans deux revues de la littérature américaines :

  • La consommation de boissons sucrées
    Les boissons sucrées, dont la consommation grimpe en flèche, feraient concurrence au lait dans l’alimentation4. Le marketing agressif dont font l’objet ces boissons, tout comme leur moindre coût, contribuent certainement à accroître leur attrait et à les démarquer de boissons plus nutritives11,12. Les récentes données obtenues auprès des adultes québécois montrent qu’ils consomment deux fois plus de boissons aux fruits qu’il y a quinze ans, et 35 % plus de boissons gazeuses. Pendant ce temps, la consommation de lait ne s’est pas améliorée3. De telles données ne sont pas disponibles chez les jeunes. On sait toutefois que les boissons sucrées occupent une place importante dans leur alimentation, atteignant un quart à un demi-litre par jour chez les 9 à 13 ans13.
  • Le fait de manger davantage à l’extérieur de la maison
    Les repas, tout comme les collations, sont de plus en plus consommés à l’extérieur de la maison, une transformation d’habitude qui entraîne une baisse de calcium au menu. En effet, le lait est peu offert au restaurant ou, du moins, il ne jouit pas d’une aussi forte promotion que les boissons sucrées4,6. Soulignons que la fréquentation des restaurants a augmenté de façon constante depuis les dix dernières années, et surtout ceux de restauration rapide14.
  • Le fait de sauter le petit déjeuner
    Le petit déjeuner est une bonne occasion de prendre des produits laitiers. D’ailleurs, les adultes québécois prennent un peu plus du quart de leurs produits laitiers à ce repas. Or, bonne nouvelle à ce chapitre : la majorité (94 %) de ceux-ci déjeunent, proportion qui a augmenté depuis les quinze dernières années3. Le tableau est toutefois plus décevant chez les jeunes. Alors que la majorité (94 %) des petits Québécois de 4 à 8 ans déjeunent tous les jours d’école ou presque, l’habitude se perd chez les plus vieux, puisque plus du tiers des 12 à 16 ans ne déjeunent pas avant d’aller en classe15,16.
  • Pour les enfants, l’absence d’exemple de la part des parents
    Les enfants, surtout les plus jeunes, imitent leurs parents, en particulier leur mère. Or, les données de consommation de lait et substituts chez les adultes sont peu encourageantes de ce côté3.
  • Les fausses croyances
    Le lait, ce n’est bon que pour les enfants! Les produits laitiers font engraisser. Ces fausses croyances qui circulent sur les produits laitiers nuisent à leur consommation. La perception erronée voulant que les produits laitiers soient gras, par exemple, porterait à en réduire leur consommation, en particulier chez les adolescentes4.

Messages à diffuser à la population
  • Jeunes et adultes, consommez du lait ou des substituts tous les jours, 2 à 4 portions selon votre âge, dont deux tasses (500 ml) de lait ou de boisson de soya enrichie.
  •  Intégrez à vos collations du lait ou des substituts comme du yogourt, du fromage, un lait fouetté aux fruits, de la boisson de soya ou un café au lait.
  • Aux repas, donnez l’exemple à vos enfants en buvant vous-mêmes du lait.
  • Réintégrez le déjeuner dans la routine familiale.

Au-delà de la communication, des actions à poser dans les milieux de vie

De plus en plus, les repas comme les collations sont pris à l’extérieur de la maison. Faire en sorte que des aliments sains, variés et à prix abordables soient offerts dans les différents milieux de vie (école, hôpitaux, centres de loisir, milieux de travail, etc.) et dans les restaurants favorise l’adoption de saines habitudes alimentaires17. Dans ce sens, les suggestions suivantes, inspirées de la Politique-cadre pour une saine alimentation et un mode physiquement actif, pourront favoriser la consommation de lait et de substituts18,19 :

  • offrez, à un coût abordable, du lait nature ou aromatisé renfermant moins de 30 g de sucres totaux par tasse (250 ml) avec les repas et comme collation;
  • offrez au moins un dessert à base de lait;
  • intégrez du lait ou des substituts dans les recettes.
  • dans les machines distributrices, mettez en valeur les boissons et les aliments nutritifs, dont le lait nature et aromatisé, les boissons de soya enrichies, le yogourt, les boissons au yogourt et le fromage.
  • dans les restaurants, encourager la mise en valeur du lait et de la boisson de soya enrichie dans les menus, en particulier ceux destinés aux enfants.

Références
  1. Bédard B, Dubois L, Baraldi R, Plante N, Courtemanche R, Boucher M, et al. L'alimentation des jeunes québécois : un premier tour de table. Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes — Nutrition (2004).  2008.  Institut de la statistique du Québec.
  2. Santé Canada. Bien manger avec le Guide alimentaire canadien.  2007.
  3. Blanchet C, Plante C, Rochette L. La consommation alimentaire et les apports nutritionnels des adultes québécois.  2009.  Institut national de santé publique du Québec.
  4.  Miller GD, Jarvis JK, McBean LS. The Importance of Meeting Calcium Needs with Foods. Journal of the American College of Nutrition 2001;20(2):168S-85S.
  5. Heaney RP. Dairy and Bone Health - Review. Journal of American College of Nutrition 2009;25(1):82S-90S.
  6. Nicklas TA. Calcium Intake Trends and Health Consequences from Childhood through Adulthood: review. Journal of the American College of Nutrition 2003;22(5):340-56.
  7. Van Loan M. The Role of Dairy Foods and Dietary Calcium in Weight Management. Journal of the American College of Nutrition 2009;28(1):120S-9S.
  8. Extenso. Guides et outils nutritionnels - Les éléments nutritifs - Vitamine D.  11 juin 2007. Consulté le 8 janvier 2010.
  9. Conseils nutrition.tv. De la vitamine D pour les mois moins ensoleillés. 5 octobre 2009. Consulté le 8 janvier 2010.
  10. Les diététistes du Canada. Vitamine D : ce que vous devez savoir.  9 septembre 2008 Consulté le 3 février 2010.
  11. Story M, French S. Food Advertising and Marketing Directed at Children and Adolescents in the US. International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity 10 février 2004;1(3).
  12. Statistique Canada. Aliments et autres produits sélectionnés, prix de détail moyens. 20 janvier 2010.
  13. Gariguet D. Consommation de boissons par les enfants et les adolescents. Rapports sur la santé 2008;19(4).
  14.  Ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation. La restauration.  2009.
  15. Lavallée C. Enquête sociale et de santé auprès des enfants et des adolescents québécois. Volet Nutrition.  2004.  Institut de la statistique du Québec.
  16. Desrosiers H, et al. Enquête de nutrition auprès des enfants québécois de 4 ans.  2005.  Institut de la statistique du Québec.
  17. Organisation mondiale de la santé. Alimentation, exercice physique et santé.  2002.
  18. Ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport. Pour un virage santé à l'école. Fiche thématique n°1. Menus santé en milieu scolaire.  2008.
  19. Ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport. Pour un virage santé à l'école. Fiche thématique n°2. Machines distributrices et saine alimentation.  2008.

Collaborateurs-experts consultés

Dominique Dagenais, nutritionniste
Coordonnatrice
Clinique de nutrition NUTRIUM

Rana Farah, nutritionniste
Service de la promotion des saines habitudes de vie - Plan d'action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids 2006-2012. - Investir pour l'avenir
Ministère de la Santé et des Services sociaux

Hélène Gagnon, nutritionniste
Service de la promotion des saines habitudes de vie - Plan d'action gouvernemental de promotion des saines habitudes de vie et de prévention des problèmes reliés au poids 2006-2012. - Investir pour l'avenir
Ministère de la Santé et des Services sociaux

Céline Plante, nutritionniste
Unité connaissance-surveillance
Institut national de santé publique du Québec

 
Par Geneviève Beauregard

Commentaires

Par Isabelle Blais
Le 26 septembre 2011 à 11:24
Je me questionne :
Que dire de toutes ces études qui arrivent et disent de ne pas consommer de lait soya ect ect ???Je me questionne

Par Serge Leclerc
Le 5 mars 2010 à 15:05
Je me questionne :
Attention. La presse québécoise a largement fait état de l'étude du Dr Parviz Ghadirian du centre de recherche du CHUM, qui établit un lien entre la consommation du lait et le cancer de la prostate (http://tinyurl.com/ygtkxcn).

Comme le dit Annie Morin dans le Soleil, « Avec une collègue de l'Institut européen du cancer, situé en Italie, cette sommité québécoise de la recherche sur le cancer est arrivée à la conclusion que le risque d'être atteint d'un cancer de la prostate double avec la consommation d'au moins deux verres de lait, tous les jours, pendant plusieurs années. »

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