Discutons-en!
Avez-vous déjà eu à formuler des messages sur l’activité physique? Comment vous y êtes-vous pris?
Comment traduire des recommandations sur l’activité physique en messages stimulants? Voilà une des questions auxquelles la Société canadienne de physiologie de l’exercice et ParticipACTION ont voulu répondre lors de l’élaboration de nouvelles recommandations canadiennes en matière d’activité physique, qui seront dévoilées le 24 janvier prochain (pour en savoir plus, consultez notre article « Nouvelles recommandations en matière d’activité physique : en faire moins, mais en faire! »).
Trois années de recherche ont été nécessaires pour asseoir les bases scientifiques qui sous-tendent les recommandations attendues. Ces connaissances ont été publiées en mai dernier sous forme d’articles dans la revue The International Journal of Behavioral Nutrition and Physical Activity. L’article traitant de la formulation de messages sur l’activité physique a particulièrement attiré notre attention.
Pour les auteurs, il est important de différencier les lignes directrices des messages à communiquer à la population pour la motiver à pratiquer des activités physiques. À cet égard, les auteurs se sont intéressés à l’efficacité de trois différentes approches de formulation de messages : une première qui consiste à personnaliser les messages en fonction des caractéristiques du public cible, une deuxième qui consiste à orienter les messages positivement ou négativement et, finalement, une dernière qui consiste à faire appel à l’auto-efficacité.
Au total, 22 études ont été retenues. Bien qu’il n’y ait pas suffisamment d’évidence scientifique pour émettre des recommandations fermes, les auteurs suggèrent tout de même quelques pistes d’action en attendant d’y voir plus clair.
- Les messages personnalisés pourraient être plus avantageux que les messages génériques pour promouvoir l’activité physique. L’effet de la personnalisation semble être plus marqué lors d’une exposition répétée. Ainsi, la personnalisation des messages devrait être considérée lorsqu’il est possible de le faire facilement et à faible coût. Précisons que, dans toutes les études analysées, la personnalisation a été faite en fonction des étapes de changement de comportement : précontemplation, contemplation, préparation, action et maintien (pour en savoir plus, consultez notre article « Les étapes de changement de comportement : le modèle Prochaska, Norcross et DiClemente »). On ne peut donc pas se prononcer pour d’autres types de personnalisation.
- Avant d’avoir davantage d’études, il est plus prudent, pour les auteurs, d’utiliser uniquement des messages positifs (parler des gains) et d’éviter les messages négatifs ou mixtes.
- Il n’y a pas suffisamment d’évidence pour recommander de cibler l’auto-efficacité dans les messages. Or, selon les auteurs, il est tout de même intéressant de se baser sur une théorie pour formuler des messages et de cibler les déterminants du comportement qui semblent faire obstacle. Le but est alors de changer les croyances, ce qui peut éventuellement se traduire en changement de comportement.
L’évidence scientifique n’est pas assez forte et d’assez bonne qualité pour appuyer des recommandations fermes sur le contenu des messages portant sur l’activité physique, insistent les auteurs en terminant. Ils soulignent cependant l’importance de traduire des lignes directrices en messages pour la population. En attendant plus d’études, ils recommandent aux praticiens d’emprunter les pistes d’action proposées. Et vous, avez-vous déjà eu à formuler des messages sur l’activité physique? Comment vous y êtes vous pris?
Par Geneviève Beauregard